PROJETS DE LA CHAIRE
PROJETS EN COURS
SE RÉAPPROPRIER LES ARCHIVES SOURDES POUR CULTIVER LE SENTIMENT D’APPARTENANCE
(Demande CRSH Savoir déposée, en attente)
Cette recherche participative vise à documenter les archives sourdes au Québec et à explorer leur rôle dans le développement du sentiment d’appartenance et la participation culturelle et citoyenne des personnes sourdes.
Mené en collaboration avec les communautés sourdes, le projet vise à rendre les archives plus accessibles, à réfléchir collectivement à leur conservation et à leur gouvernance, et à valoriser des histoires de création, de mobilisation et de résistance encore trop peu représentées.
La recherche aboutira notamment à la cocréation d’un documentaire donnant vie aux récits recueillis. En contribuant à la transmission de ces mémoires, le projet souhaite enrichir les archives sourdes, favoriser la réappropriation de l’histoire par les communautés et faire rayonner les cultures sourdes, notamment par la production de connaissances en langue des signes québécoise.
SOURDITUDE ET HANDICAP : DES VIES DANS LES INTERSTICES
La recherche Sourditude et handicap: des vies dans les interstices (CRSH Savoir, 2025-2028) est dirigée par Maria Fernanda Arentsen (U. St-Boniface) en collaboration avec plusieurs chercheur·es, dont Véro Leduc (UQÀM), Sarah Heussaff (Réseau Handi-féministe), Yan Grenier (U. Laval) et Patrick Fougeyrollas (CIRRIS).
Elle s’ancre dans les études critiques du handicap et les études culturelles pour explorer les créations artistiques, les expériences vécues et les témoignages de personnes sourdes et handicapées habitant des espaces interstitiels, c’est-à-dire des lieux, des espace-temps, des façons de faire qui se taillent une place entre les structures, les normes et les institutions officiellement établies – et souvent capacitistes. Ainsi, elle se situe à la croisée des théories postcoloniales et de la philosophie du dialogue d’Hannah Arendt, en mobilisant le concept de tiers-espace d’Homi Bhabha.
Une vingtaine d’entrevues ont été réalisées. Lors d’un séjour de recherche (2025-2026), Véro Leduc a mené des entretiens avec des personnes sourdes, aveugles et schizophrènes de Porto Rico, du Mexique, du Brésil et de l’Argentine. Le projet se déploie à travers une série de vidéo-balados (Handi-Balado), une galerie virtuelle réunissant une quinzaine d’artistes et un numéro spécial de la Revue canadienne d’études sur le handicap.
Visiter la galerie virtuelle :
À LA PETITE CUILLÈRE
« J’ai ralenti pour reprendre mon souffle, créer et élaborer un livre qu’éventuellement je mettrai au monde, pour m’y relier autrement, m’y rattacher par la marge que j’ai chérie ici, dans un geste à la fois esthétique et épistémologique ».
Elle a beau être née avec une cuillère d’argent dans la bouche, d’aussi loin qu’elle se souvienne, Véro Leduc se ramasse à la p’tite cuillère d’une tempête à l’autre. Brodé de l’automne 2025 – alors qu’elle entame une démarche d’évaluation en autisme, à la fin de l’été 2026 – où elle célèbre la fierté de la diversité capacitaire en créant une musique en langue des signes québécoise, À la petite cuillère est le récit d’un voyage, ailleurs et en soi. Des Laurentides à la Côte-Nord, en passant par la Patagonie et la Terre de feu, l’auteure se laisse porter par le rêve d’un livre où l’écriture n’est qu’un médium parmi d’autres. Le fleuve, l’océan, les montagnes et le silence respirent dans les paysages sauvages et les textures de la vie qui nous portent tout au long des photographies en noir et blanc. L’œil de la caméra offre au passage traces des œuvres qu’elle réalise chemin faisant. Le texte écrit à partir de la marge, au sens littéral comme figuré, prend sa place au fil des pages à travers introspections, paradoxes, réflexions critiques, notes de résidences de recherche-création et récits de voyage. En y évoquant son désir de pouvoir tenir entre ses mains un livre signé, À la petite cuillère poursuit en filigrane une réflexion qu’elle porte depuis plus d’une décennie : comment écrire la langue des signes québécoise?
LABORATOIRE HANDICAP, SOURDITUDE ET INNOVATIONS
Fondé en 2024 par Véro Leduc et Mouloud Boukala, le Laboratoire Handicap, Sourditude et Innovations vise à soutenir et renforcer la citoyenneté culturelle des personnes en situation de handicap et des personnes sourdes et à promouvoir leurs expressions culturelles et artistiques. Grâce à une approche participative et émancipatoire, des artistes, des chercheur-es et des professionnel-les des milieux culturels collaborent pour améliorer l’accessibilité et l’équité culturelles.
Bénéficiant d’un financement de la Fondation Canadienne pour l’Innovation (FCI), le laboratoire travaille en partenariat avec des institutions culturelles telles que le MAC – Musée d’art contemporain de Montréal et le MEM – Centre des mémoires montréalaises, ainsi qu’avec plusieurs artistes de la diversité capacitaire.
Les activités du laboratoire offrent la possibilité de remettre en question les représentations hégémoniques du handicap et de la sourditude au travers des réalisations sonores (balados, documentaires sonores), visuelles (vidéos, réalité virtuelle) et tactiles (témoignages en braille, impression 3D). Elles permettront également de réaliser des résidences de recherche-création et d’explorer de nouvelles façons de créer de l’art dans une perspective éthique et humaniste.
Les résultats de ses activités de recherche contribueront à orienter les politiques des institutions culturelles en matière d’accessibilité et d’équité culturelles.
Découvrez la panoplie d’activités effectuées par le laboratoire :
RENCONTRES HÉMISPHÉRIQUES : DÉVELOPPER DES PRATIQUES DE RECHERCHE-CRÉATION TRANSFRONTALIÈRES
(Financement : CRSH Partenariats, 2020-2027)
Rencontres hémisphériques est un partenariat visant à développer un réseau d’universités, d’organisations communautaires, d’artistes et d’activistes en travaillant avec la performance comme méthodologie, stratégie pédagogique et outil de changement social.
Ce réseau cherche à définir, explorer et expérimenter la pratique de la performance en tant que mode de production de connaissances basé sur la pratique anticoloniale, transfrontalière et collaborative. Un ensemble de formats de recherche-création en direct et numériques innovants sont conçus pour impliquer divers publics et au-delà de l’académie, en reconnaissant tous les participant-es en tant que coproducteurs de connaissances.
Rencontres hémisphériques explore comment la performance offre des outils créatifs pour aborder les questions de justice sociale et travailler à l’échelle transnationale. La performance est définie comme un acte incarné, des activités artistiques telles que l’art de la performance et le théâtre aux pratiques culturelles telles que les rituels, les protestations et les mises en scène de soi dans la vie quotidienne. Elle est également conçue comme un processus politique – des actions qui peuvent à la fois réitérer et modifier les réalités géopolitiques existantes.
Dans le cadre de ce partenariat, la Chaire mène et soutient différentes initiatives de recherche-création. Citons par exemple les résidences MUSICAMOS : Cuando lxs sordxs reclaman la música (Mexico, 2022), Musicamos: Explorar las musicas sordas (Medellin, Colombie, 2023), Côte d’Ivoire – Québec, Regards croisés (Abidjan, Côte d’Ivoire, 2024), Quête de vérités indiscibles (Messejana, Portugal, 2024), C’est pas dans ma nature (Québec, 2024), Sur l’air des petites cuillères (Natashquan, 2026) et À la petite cuillère (Alma, 2026). Différents spectacles sont présentés également tout en étant le terrain d’explorations fertiles sur la création par et pour des personnes de la diversité capacitaire, tels que le Cabaret de performances sourdes (Festival Phenomena, Montréal, 2025) et le Deaf and Crip Performances Showcase (Colloque Performances Studies International, Fortaleza, Brésil, 2025).
Pour plus d’infos: https://hemisphericencounters.ca/fr/

CONSTRUIRE DES PONTS POUR FAVORISER LA CITOYENNETÉ CULTURELLE SOURDE
(Financement : FRQSC, 2023-2026)
La citoyenneté culturelle consiste en l’ensemble des pratiques qui détermine la possibilité des personnes à se sentir appartenir à une société, particulièrement lorsqu’elles sont issues d’un groupe social minorisé. Récemment, des avancées ont été faites, mais il reste beaucoup de travail à faire. La citoyenneté culturelle telle qu’elle est envisagée pour l’instant n’est pas pleinement inclusive. Les personnes sourdes ne souhaitent pas uniquement accéder à la culture entendante. Une pleine équité et citoyenneté culturelle sourde passent par un accès accru des personnes entendantes à la culture sourde et par un engagement des acteurs des milieux culturels dans le développement des représentations culturelles sourdes et la diffusion de l’art sourd. Cette recherche-action vise à outiller les milieux culturels pour améliorer leurs pratiques d’inclusion, de représentativité et de diffusion de l’art sourd, par le biais d’une formation.
L’équipe de la Chaire vous présente une offre de formation qui a eu lieu en 2025 pour les organismes culturels !
Vous avez l’équité culturelle à cœur ? Profitez d’une formation gratuite développée par des artistes, travailleuses culturelles et chercheures premièrement concernées par la diversité capacitaire !
CAMPAGNE DE COMMUNICATION : LA DIVERSITÉ CAPACITAIRE FAIT VIBRER LA CULTURE
ON VOUS FAIT SIGNE! RECHERCHE SUR LA CITOYENNETÉ CULTURELLE ET L’ACCESSIBILITÉ CULTURELLE : ENTREVUES ET CAPSULES VIDÉO
PREMIÈRE CAPSULE VIDÉO : Se sentir appartenir
ÉLABORER DES LIGNES DIRECTRICES EN ÉTHIQUE DE LA RECHERCHE AVEC LES PERSONNES SOURDES
Les principes d’éthique de la recherche permettent de prendre en compte les personnes en situation de vulnérabilité et/ou de minorité. Ce projet de recherche s’inscrit dans un contexte où la grande majorité des études sur les personnes sourdes sont menées par des personnes entendantes, et portent parfois préjudice aux personnes sourdes. Ces recherches s’inscrivent dans des paradigmes médicaux et produisent des connaissances souvent inaccessibles, car non diffusées en langues des signes.
Par exemple, la surdité est considérée uniquement sous l’angle du modèle médical au sein des principaux bailleurs de fonds de la recherche au Canada. Tout comme il serait incohérent de classifier les études sur les minorités sexuelles dans une perspective pathologisant l’homosexualité, les communautés sourdes demandent à ce que leurs réalités sociales et culturelles soient étudiées autrement que par le spectre médical, et ce, au su des répercussions de ce paradigme sur les conditions de vie de leurs membres.
En date du 26 octobre 2026, le rapport final est sous presse et sera bientôt disponible!
Ce projet de recherche vise à :
1) Explorer les principales lacunes et enjeux dans les pratiques de recherches actuelles avec les personnes sourdes ;
2) Identifier les aspects éthiques importants pour faire de la recherche avec des personnes sourdes (ex : stratégies de recherche, partage des bénéfices, usage des informations recueillies et financement des mesures d’équité) et ;
3) Créer des lignes directrices de la recherche avec les personnes sourdes.
PROJETS PASSÉS
GROUPE COLLABORATIF EN ÉQUITÉ CULTURELLE
Le groupe collaboratif en équité culturelle vise à développer une ressource en matière d’équité culturelle, en collaboration avec des chercheur-es, des artistes et des travailleur-es culturel-les. Constitué d’une vingtaine de personnes issues de divers milieux (théâtre, musée, médiation culturelle, etc.), le groupe s’appuie sur une démarche collaborative afin de créer un espace d’échanges, de partage de connaissances et de co-création de savoirs.
Formé de personnes sourdes et entendantes, le groupe cherche à mieux connaître les besoins des personnes sourdes et handicapées et des travailleur-euses culturel-les en matière d’accessibilité culturelle et à co-créer une ressource en matière d’accessibilité et d’équité culturelles.
Le groupe a envisagé une série d’évènements favorisant les rencontres et la sensibilisation :
LES PRATIQUES ET LES ESTHÉTIQUES DES ARTISTES DE LA DIVERSITÉ CAPACITAIRE [6 octobre 2022]
LA DIVERSITÉ CAPACITAIRE FAIT VIBRER LA CULTURE : Journées de réflexions et d’explorations collectives
DÉCONSTRUIRE LE CAPACITISME ET L’AUDISME DANS LES MILIEUX DES ARTS [1er décembre 2022]
JOURNÉES DE RÉFLEXION COLLECTIVE
RÉSIDENCE D’ARTISTES DE LA DIVERSITÉ CAPACITAIRE
L’ART DU SINGULIER AU PLURIEL
RECENSEMENT DES PRATIQUES D’ACCESSIBILITÉ CULTURELLE
MUSIQUE AU BOUT DES DOIGTS
PROJETS APPUYÉS PAR LA CHAIRE
MONTRÉAL ARTS ACCESSIBLES
La Chaire est partenaire de la soirée MTL Arts Accessibles organisée par l’organisme Montréal, Arts interculturels (MAI). L’équipe du MAI présente l’événement comme « mettant en lumière les spectacles et activités accessibles destinés aux personnes sourdes et malentendantes, aux personnes en situation de handicap visuel, aux personnes à mobilité réduite et aux personnes neurodivergentes » (source : montréal, arts accessibles 26.27 — MAI | Montréal, arts interculturels). L’équipe de la Chaire y tient un kiosque afin de présenter ses missions et axes de recherche, et deux personnes de notre équipe ont officié en LSQ à l’accueil et au bar de l’évènement afin de favoriser une pleine participation des personnes sourdes.
CINÉCARE : ÉTUDIER LA PRESCRIPTION THÉRAPEUTIQUE CINÉMATOGRAPHIQUE
Le projet doctoral de Lisa Andrée Mélinand consiste à analyser les guides francophones de cinémathérapie, ces catalogues qui recommandent des films comme « apaisants » ou « thérapeutiques » et à mettre au jour « le » destinataire implicite qu’iels construisent sans jamais le nommer : un public tacitement entendant, voyant, neurotypique, aux émotions normées. À partir de réceptions situées recueillies auprès de personnes que ces prescriptions n’ont pas anticipées, la recherche rend visibles les présupposés capacitistes et racisants du discours prescriptif. Menée depuis une position sourde, racisée et neurodivergente, elle articule études cinématographiques, études du handicap (disability studies) et intersectionnalité, et aboutit à une grille de prescription critique comme livrable de recherche-création.





























